Quand Moi rencontre Lui

 

2012: Moi, jeune infirmière de 27ans 1/2 (voire 3/4) rencontre Lui, (bien plus jeune) ambulancier de 25 ans 3/4. Ça y est, c’est décidé, ce sera Lui! Lui avec le grand L! On s’aime, on ne se quitte plus et rapidement ma glu, mon morpion, vient vivre chez moi… C’est quand même un peu plus grand que son petit studio!
Nos 2 noms sur la boîte aux lettres, mes culottes qui côtoient ses boxers sur l’étendoir à linge, sa brosse à dents qui fait de l’oeil à la mienne dans la salle de bain…La vie à deux commence… Et c’est merveilleux! Mes soirées préférées deviennent celles passées devant la télé dans ses bras. Ma vie de parisienne célibataire et ses soirées enivrées ne me manquent pas. J’ai trouvé mon Prince.

Septembre 2013: Un an et demi après notre rencontre…
Moi: »Je ne prends pas ma pilule ce mois-ci, j’ai fait n’importe quoi, je repars de zéro. »
Lui: »Et si tu ne la reprenais pas du tout? »

2014: Après un an d’essais infructueux, on commence les examens. Pour Monsieur, il s’agit d’une branlette dans un pot aidée par youporn sur son smartphone.
Madame a droit à quelques petites activités un peu moins sexy: dosages hormonaux à J3 (si si super pratique). Et hystérosalpingographie. Mon préféré, le top du top, the cherry on the cake…
Il s’agit d’être à moitié à poil sur une table en inox gelée (personne n’a expliqué à ce radiologue que TOUTES les femmes sont frileuses visiblement), le type entre en scène et il t’explique qu’il va t’injecter un produit de contraste dans l’utérus et faire des photos de famille.
Je ne suis pas Einstein mais quelque chose m’interpelle… Comment ce produit va rester dans mon utérus? Étant une citoyenne de la planète Terre, je suis soumise à la gravité, non?
Qu’à cela ne tienne! Docteur en photo m’explique qu’il va utiliser une tulipe. Une tulipe? C’est touchou ça!
Je passe les détails sur le spéculum pour vache ayant mis bas, elle, au moins 3 fois… Passons directement à cette putain de tulipe. Charmante dénomination pour un engin de torture. Après la mise en place du spéculum vétérinaire, le radiologue introduit la tulipe dont les « pétales » vont faire ventouse autour du col de l’utérus. Déjà tu commences à faire moins la maline.
Le type injecte le produit de contraste par la tige et là, tu commences à douiller. Mais c’est pas fini! Il faut prendre en photo les bijoux de famille comme avant une entrée à Fresnes: Face et profils! Avec le radiologue qui te tient par la tige de sa putain de tulipe tel un pêcheur tirant sur sa ligne.                                                                                                                         Le type étant tout de même bienveillant, il m’a fait la conversation durant l’examen et je lui ai répondu entre deux gémissements, tout ça la cocotte à l’air.

Bilan des courses: Madame RAS, Monsieur OATS sévère. On l’a su juste après notre mariage, pour le meilleur et pour le pire comme on dit? Pour Lui je suis prête à relever le défi.

Juillet 2015: échec FIV 1                                                                                                                                            Octobre 2015: échec TEC                                                                                                                                                 Janvier 2016: échec FIV 2

A toi qui, comme moi, en es à ton 3092 ème cycle d’essai bébé, à toi qui connais par coeur la salle d’attente du service de PMA et sa machine à café, à toi qui subis les indélicatesses quotidiennes de la part des « fertiles »… Mais aussi à toi qui connais quelqu’un/quelqu’une, qui vit cette injustice, que tu as envie d’aider mais comment? Toi qui ne comprends pas toujours les réactions de ce quelqu’un, toi qui ne sais plus trop comment faire avec cette quelqu’une parce que malgré toute ta bonne volonté, tu ne peux pas comprendre ce qu’elle vit… Ce blog est pour toi, pour nous!

Publicités

2 commentaires sur « Quand Moi rencontre Lui »

  1. Non je ne comprendrai surement jamais. Et tu ne me comprends surement pas non plus.
    Je sais qu’élever un enfant peut être merveilleux, que tu ressens un vite une sorte d’inutilité et une profonde mélancolie.
    Se lever en se demandant « mais putain, mais à quoi je sers. Pourquoi moi ? ».
    Et la culpabilité aussi. Parce que, ta tristesse, ton envie de tout balancer, et bien elle nuit à ton entourage, à ta moitié, à ta famille. Et eux aussi se sentent coupable de ne pas pouvoir ni comprendre ni t’aider.

    Tous les jours je me raccroche à ce que j’aime et à ceux que j’aime. Un combat de chaque jour pour ne pas flancher. C’est comme jeter un dé chaque matin, et ce dé décidera de ton humeur du moment. La journée c’est comme traverser une poutre au dessus d’un ravin, en souriant bêtement à ceux qui t’interpellent « hey salut ! Ça va ? ».
    Et chaque jour de leur répondre « ouais ça va. » Mais non, ça ne va pas. Quand on a un mal être, un sentiment de vide aussi profond, évidemment que ça ne va pas.
    Autour de soi, on voit les gens grandir, se construire, fonder une famille et leurs petits malheurs te font bien plus mal que leurs petits bonheurs. Comme tu aimerais faire une nuit de 4h parce que fiston ou princesse n’a pas cessé de se réveiller.
    Comme tu aimerais te presser le matin, parce que fiston ou princesse n’a pas fini son biberon, que toi t’es déjà en retard, pas coiffée, pas maquillée, mais merde merde merde où sont les clefs de voiture ? Cheriiiii ?!
    Comme tu aimerais changer pour la Xème fois de la journée la couche de bébé parce qu’il faut avouer, à cet âge, ça sort aussi rapidement que ça rentre.

    En un sens, si, je te comprends. J’ai 34 ans. Je suis malade. Je me sens à peine bien dans ma vie alors que mon morpion, ma glu, mon meilleur ami et mon amour à moi, je le traine depuis 10 ans cette année.
    J’ai 34 ans, et je commence à peine à réaliser que c’est le dernier tournant pour me décider.
    Avant c’était hors de question.
    Maintenant, j’y réfléchi à deux fois. Même si tous les médecins sont enthousiastes à cette idée, ils ne savent pas, ils ne peuvent pas comprendre.

    Qui pourrait comprendre ce que nous traversons. Bien que tout nous sépare, quelque chose nous rassemble.

    Je t’aime ma sœur.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s