Exorciser FIV 2 et être confiante pour FIV 3

…Facile à dire!

Bon, vous l’aurez compris, notre deuxième FIV a été un cuisant échec dans toutes les largeurs de l’éprouvette. Peut-être que finalement il fallait que je vous le raconte pour que ça guérisse, avoir vos témoignages et vos avis pour relativiser… Allez je me lance!

Il était une fois en décembre 2015, le début de la stimulation. De ce côté là, on a du bol, je prends de sacrées doses mais ça se passe plutôt pas mal, je réagis bien. Je n’ai aucun effet secondaire (on ne parle pas de l’accumulation de graisse, ça, c’est le post FIV!), mes ovaires produisent en quantité… Ok tout va pour le mieux. Pour la ponction, on avait préalablement prévu avec notre médecin: anesthésie locale+hypnose et si ma copine d’hypnose n’était pas là ce jour là alors anesthésie générale.

Le D day, j’arrive à l’hosto toute de bétadine récurée. Mon tour vient, le prémédication est pas extraordinaire à mon goût d’infirmière travaillant en réanimation… Bon, on fera avec! La prédisposée aux ponctions m’accueille au bloc « Mme L! Bonjour! Alors ce sera une locale pour vous? » Mme L de répondre: « Oui, avec hypnose, sinon générale. » L’autre, très confiante « L’infirmière qui pratique l’hypnose n’est pas là! Mais ce sera locale quand même, ça va aller! Et puis on  va vous mettre de la musique qui va vous détendre, vous allez nous dire ce que vous voulez ».

Miam, ça commence bien l’histoire. Donc ba je me suis dit que j’allais essayer de m’offrir  mes services d’hypnothérapeute… J’avoue que quand on te défonce la cocotte ça devient plus compliqué. Le bout de bidoche s’installe sur la table vétérinaire, fout ses guiboles blanchâtres dans des étriers que l’on sangle et là c’est séance de yoga mais en vachement moins drôle: on te demande bien sûr de mettre le cul quasiment dans le vide (histoire que ta cocotte soit la star sous le sunlight du scialitique), les cuissots rabattus jusque sur la poitrine ou presque… Tu saisis? Tous ça avec le type étudiant en école d’infirmier anesthésiste qui:

  1. Ne se présente pas. Je sais qui il est parce que je suis dans le métier.
  2. Me parle mécaniquement comme si j’étais VRAIMENT le dernier des bouts de bidoche (tu comprends, si il y a 15 PMA au programme ce matin, il va pas non plus être aimable)
  3. Ne prends pas la peine de me demander de soulever la tête pour dégrafer la chemise et me coller ses putes de patch.

Là déjà on touche à la première leçon de vie: suis-je comme ça dans ma pratique? Au moins cette « expérience » aura eu le mérite de remettre en cause ma façon de travailler.

Ensuite on me met de la musique « zen »… Enfin si on veut, parce que Rock Balad vol.2 c’est pas ce que j’ai trouvé de plus « zen » jusqu’à maintenant… Après moulte recherches on trouve quelque chose de relativement potable.

S’ensuit l’intervention, bon ça fait mal, c’est pas l’orgasme assuré ça c’est certain. Et j’entends de l’autre côté du champ, la charmante opératrice qui, je ne le savais pas à ce moment-là, était enceinte (c’est peut-être pour ça qu’elle a insisté pour la locale, elle a dû se dire que pour elle faire un enfant avait pas été si désagréable que ça)… L’opératrice donc qui dit à ce que je pense être un externe: « Une femme ne produit qu’un seul ovocyte par mois, après stimulation, tu peux avoir près d’une dizaine d’ovocytes. Et pendant ce temps-là, les messieurs font leur recueil. » Je n’ai pas pu m’en empêcher: « C’est romantique, hein? ».

On a eu 10 ovocytes ce jour-là. J’en ai chié mais ça valait le coup.

fiv icsi

Trois jours plus tard, la cocotte toujours en feu, nous voilà assis face à la biologiste. « Nous avons eu 3 embryons » (droite dans la gueule) « Sur les 3, un qui est de bonne qualité vous sera transféré aujourd’hui, un deuxième a arrêté de se développer et nous mettons le troisième en observation en espérant pouvoir le congeler »(revers). Devant notre gueule dépitée:« un, c’est mieux que rien. »(uppercut) S’ensuit dans mes fantasmes les plus fous une réplique bien méchante à cette connasse du style:« Hé sale pute! Tu les as fait comment toi tes gosses, connasses?!? Avec une bande de cons qui te charcutent et parlent de ta chatte dans un bloc devant des étudiants sans qu’on te demande ton avis pendant que ton mec doit se branler dans un pot de merde?!? Alors rien c’est presque mieux en fait et ça compte pas pour une FIV au moins, double conne de merde que tu es!!! Salope. » 

Le lendemain on nous a appelé pour nous dire que l’embryon n’avait pas pu être congelé…KO. Les fameuses deux semaines d’attente ont été horribles. Tous les jours je m’écoutais une séance d’hypnose qu’une amie m’avait enregistrée. Le matin tout allait bien et j’étais folle de joie et l’après-midi c’était le chaos. Les montagnes russes de l’humeur. Je me suis dit que si ça ne marchait pas cette fois, on ferait une pause. Et comme avec Prince on est relativement synchro à ce sujet, il y avait pensé lui aussi. Après FIV ou TEC mes règles arrivent toujours 2 jours avant la prise de sang. Cette fois-ci elles sont arrivées la veille, avant de partir au boulot. Chiennes. Fausse joie jusqu’au bout. L, ma copilote était là et heureusement…

Alors ça a été la pause, la fameuse pause que j’attendais avec impatience. Pause physique et pause psychologique, pause de PMA, pause de bébé, pause de ce projet-là. On a vu notre médecin, qu’on aime vraiment beaucoup, on a tout déballé, TOUT. Et elle a été rassurante. « Vous reproduisez deux fois par an ce que des gens font tous les mois, nous ne sommes pas inquiets du tout, ça reste normal « . On est partis en pause tranquilles, rassurés. Alors on s’occupe de nous, j’écris, je couds, j’hypnotise, je vous écris, je me projette, je vais voir la psy du service de temps en temps, quand j’en ressens le besoin. Et j’essaie d’oublier ce mauvais épisode, cette drôle de mauvaise blague de Dame Nature La Pute… et j’essaie de tirer des leçons de tout ça. Notamment: la prochaine fois je dirai que je suis infirmière, j’ouvrirais ma grande bouche et je dirai quand ça ne me convient pas. Rdv en Juillet pour prévoir FIV 3 en Septembre, ça me paraît loin et trop près en même temps… Serons-nous prêts?

To be continued…

Vivre-en-couple

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11 commentaires sur « Exorciser FIV 2 et être confiante pour FIV 3 »

  1. C’est violent la façon dont s’est passée ta ponction. Je n’en garde pas un si mauvais souvenir donc ça doit pouvoir se passer mieux une autre fois 🙂
    La question de la pause n’est pas simple je trouve. Ce n’est pas évident de savoir quand on sera prêt pour reprendre… D’ailleurs, l’est-on réellement un jour…

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    1. Oui c’est un peu mon questionnement. Faire une pause pour prendre le large dans sa tête mais finalement est ce que le jour de la rentrée on est vraiment prêt? Ou est ce qu’il faut juste se dire: faut bien y retourner!

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  2. Difficile de repartir confiante après un échec je l’avoue. Mais les docs savent ce qu’ils font et ils ne te proposeraient pas une nouvelle tentative si ils n’avaient pas d’espoir. A toi de sentir que tu seras prête à repartir au combat!

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    1. Oui c’est ça! J’évite de trop y penser pour le moment mais je crois que peut-être bien que je serai contente d’y retourner en septembre, après la peur sera sans doutes toujours là

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  3. Ca m’énerve les centres qui imposent les AL… Ils sont limite infantilisant dans leur manière de procéder en plus, quasi impossible de protester. Bref, cela te laisse l’été pour bien te ressourcer, penser à autre chose, et c’est sans doute bien avant d’entamer le 3eme essai?!

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    1. On a rendez-vous en juillet pour programmer la fiv en septembre… ou octobre! Mais c’est vrai que c’est infantilisant. Tu sais au boulot à chaque fois qu’on a une infirmière dans les patients on se dit « putain elle va nous faire chier » mais finalement je comprends pourquoi elles sont chiantes: parce qu’on est cons! On est très cons. Et je comprends pourquoi les gens ont une mauvaise image de l’hôpital

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  4. Halte à l’autoflagellation ! J’ai rencontré des cons, mais aussi des supers équipes, c’est comme partout en somme ! Et les plus sympas, rassurants, sont souvent les infirmiere (s) je trouve 😉

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  5. Au delà de l’échec de cette FIV et de l’absence de petit bonus congelé, je trouve inhumaine la façon dont tu as été traitée ce jour là, surtout par l’anesthésiste. Tu es tombée sur des soignants qui ont oublié que leur métier c’est aussi de rassurer et de soulager les patients. Je souhaite de tout coeur que ça se passe mieux pour FIV3, à toutes les étapes du processus, et jusqu’au résultat bien sûr ! 🍀🍀

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    1. Et je rejoins Malaicca : pas d’autoflagellation ! Le seul fait que tu te sois posé la question de ta pratique montre que tu te soucies de tes patients. Et j’ajoute que moi à chaque fois que j’ai fréquenté l’hôpital, enfant ou adulte, je suis tombée sur des gens formidables et à l’écoute ❤ Alors oui, les cons existent (comme partout), mais ce sont eux qui sont l'exception

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